Une PME québécoise qui fait rouler une vingtaine de camionnettes, de fourgons ou de camions revient régulièrement sur quatre questions. Elle doit décider comment acquérir ses véhicules, quels modèles retenir, qui les entretient et qui les conduit. Par ces décisions de gestion de flotte, elle engage ses marges pour plusieurs années.
Quand le parc fonctionne, il est tentant de reconduire les choix de l’année précédente. Vous pouvez pourtant chiffrer ces quatre arbitrages, à condition de connaître quelques données simples sur vos véhicules.
Acheter, financer ou louer
En achetant comptant, vous gardez la valeur de revente du véhicule et vous roulez sans plafond de kilométrage. Vous immobilisez en revanche une trésorerie qui servirait ailleurs, et la dépréciation reste entièrement à votre charge.
Si vous financez l’achat ou passez par un crédit-bail, vous étalez le coût sur la durée du contrat. Un crédit-bail prévoit en général une option d’achat au terme, ce qui repousse à plus tard la décision de garder le véhicule.
En location à long terme, vous payez un loyer fixe au lieu de posséder le véhicule, avec ou sans entretien compris selon le contrat. Le loueur impose en échange un kilométrage annuel, et vous réglez le dépassement au kilomètre à la restitution, tout comme l’usure jugée anormale.
Pour départager ces formules, il faut connaître le kilométrage réel de vos véhicules sur une année complète. Au terme du contrat, le dépassement d’un camion très sollicité représente une somme importante. À l’inverse, un fourgon qui roule peu vous permet de négocier un plafond plus bas. Une estimation faite le jour de la signature ne remplace pas un historique mesuré.
Un seul modèle ou des véhicules adaptés aux tournées
Avec un parc uniforme, vous gérez un seul stock de pièces, vos chauffeurs passent d’un véhicule à l’autre sans période d’adaptation, et vous remplacez un camion en panne par n’importe quel autre de la cour. Vous négociez aussi plus facilement l’achat de plusieurs unités d’un même modèle.
En contrepartie, un fourgon de grand volume affecté à des livraisons de petits colis consomme davantage et se gare mal en ville. Un modèle trop léger pour sa tournée, lui, roule en permanence près de sa charge utile maximale, ce qui use plus vite les freins, les pneus et la suspension.
Une solution intermédiaire consiste à limiter le parc à deux ou trois gabarits, associés à des types de tournées précis. Pour les définir, relevez la distance parcourue et le nombre d’arrêts réels de vos tournées, plutôt que ceux du planning.

Entretenir à l’interne ou confier le parc à un garage
En disposant d’un atelier interne, vous gardez la main sur le calendrier. Vos véhicules peuvent passer à l’entretien la nuit ou le samedi, et vous n’attendez pas qu’une place se libère chez le garagiste pour une réparation urgente. Ce confort représente toutefois un coût fixe : un ou plusieurs mécaniciens, un local, l’outillage et un stock de pièces, à amortir sur un nombre suffisant de véhicules.
En confiant l’entretien à un garage, vous évitez cet investissement, mais vous attendez votre tour. Un véhicule immobilisé pendant ce délai ne rapporte rien, alors que son financement et son assurance continuent de courir. Les réparations couvertes par la garantie du constructeur passent de toute façon par son réseau de concessionnaires.
Les obligations québécoises propres aux véhicules lourds restent les mêmes, quel que soit l’atelier. L’exploitant est inscrit au registre de la Commission des transports du Québec, ses camions passent des vérifications mécaniques périodiques et il conserve ses registres d’entretien, que les travaux soient faits chez lui ou ailleurs.
Pour comparer les deux options, mesurez sur une année les jours d’immobilisation de vos véhicules et leur coût d’entretien rapporté au kilomètre.
Un véhicule par chauffeur ou des véhicules partagés
Quand vous attribuez un véhicule à un chauffeur, il en devient responsable. Il connaît son camion, remarque plus vite un bruit nouveau ou un voyant, et en prend soin puisqu’il le retrouve le lendemain. Pendant ses congés ou ses absences, le véhicule reste en revanche au stationnement sans rien rapporter.
Avec des véhicules partagés, vos camions roulent davantage, et vous pouvez parfois réduire la taille du parc. Personne, par contre, ne répond seul de l’état du véhicule. Un dommage découvert le lundi devient difficile à attribuer quand trois chauffeurs l’ont conduit dans la semaine. Si le chauffeur s’identifie au démarrage, vous reliez les trajets, les excès de vitesse et les incidents à une personne précise, ce qui règle une partie du problème.
Avant de choisir, comptez les jours où vos véhicules sortent réellement, sur une saison complète.
Des décisions qui reposent sur les mêmes données
Pour ces quatre arbitrages, vous avez besoin des mêmes informations, véhicule par véhicule : le kilométrage, les heures moteur, les jours d’immobilisation, le coût d’entretien et l’identité du chauffeur. Dans un tableur rempli à la main, vous les obtenez en retard et incomplètes. Avec une plateforme télématique, les distances, les heures moteur et les trajets remontent directement du véhicule, et il ne vous reste qu’à saisir le coût des interventions.
AttriX, l’intégrateur Geotab numéro 1 au Canada, consacre un guide à la gestion de flotte de véhicules commerciaux. Il y détaille les données à suivre en premier, l’équipement des véhicules neufs et les critères pour comparer les plateformes.
Ces arbitrages reviennent à l’échéance d’un contrat de location, au remplacement d’un camion ou à l’embauche d’un chauffeur. Une entreprise qui aborde ces échéances avec une année d’historique par véhicule choisit sur des faits mesurés.

